Pour un écrivain public dans chaque mairie : une nécessité démocratique.
2/10/20262 min read


Chaque jour, je reçois des personnes éloignées de l’écrit, mais aussi des personnes étrangères en situation régulière, confrontées à la complexité croissante des lois et à la dématérialisation des démarches administratives. Beaucoup se retrouvent démunies face à des formulaires en ligne, des plateformes instables, des procédures opaques, des délais incompréhensibles.
La dématérialisation, présentée comme un progrès, est devenue pour beaucoup une barrière supplémentaire. Elle crée une nouvelle forme d’exclusion : l’exclusion numérique et administrative. De plus, les changements fréquents de dispositifs, de lois et circulaires, régissant le domaine social et administratif laissent de nombreux ayants-droit de côté.
Dans ce contexte, il est temps que les candidats aux élections municipales de Nîmes s’engagent clairement sur une mesure simple, concrète et profondément juste : la création d’un service d’écrivain public (appelez-le comme vous voudrez, EP à vocation sociale par exemple) dans chaque mairie.
L’écrivain public est un métier ancien et noble, au service de celles et ceux qui ne maîtrisent pas l’écrit, la langue française ou les outils numériques, ni les complexités du monde socio-économique actuel. Aujourd’hui, ce métier répond à un besoin social majeur. C'est un métier qui nécessite une expérience de terrain et des pratiques, sociales, administratives, et juridiques. En plus d'une écoute et d'une empathie à toute épreuve. Pourtant, il reste largement absent des politiques publiques locales. Fut un temps, le CCAS de Nîmes disposait de ce service. Les médiateurs sociaux présents dans les EPN ne traitent que la pointe émergée de l'iceberg (et c'est déjà immense!). Les longs délais pour obtenir des rdv en CMS (département) compliquent également souvent la résolution de certains problèmes.
Je le dis aussi avec lucidité : les personnes que j’accompagne ont souvent de grandes difficultés financières et peinent à honorer les factures que je leur adresse... et je ne peux ni ne veux insister. L’accès aux droits ne devrait jamais dépendre de la capacité à payer un service privé.
Mettre à disposition, gratuitement pour les usagers, un écrivain public en mairie serait une avancée décisive :
pour les personnes âgées,
pour les personnes précaires,
pour les personnes étrangères UE et non UE,
pour toutes celles et ceux qui se sentent exclus de l’écrit et du numérique.
Ce serait un geste fort de solidarité, un outil concret de justice sociale, un choix politique clair en faveur de l’égalité d’accès aux droits.
À l’heure où l’on parle de cohésion sociale, de proximité et de démocratie locale, cette mesure devrait figurer au cœur des programmes municipaux. J’invite donc, à ma petite échelle, les candidats à se positionner publiquement sur cette proposition, qui concerne directement la dignité et l’autonomie de milliers d’habitants.
Parce que comprendre, écrire et faire valoir ses droits ne devraient jamais être un privilège. Merci de m'avoir lue. Je reste à disposition pour en discuter avec vous.
Julie Huou.
